mercredi 24 février 2016

Chlore

Plus que quelques mouvements de bras avant de toucher le bord du bassin. Si ce n’était pas par obligation, c’est sûr que je serais à des kilomètres de ce bouillon de chlore.

On reste concentré, personne n’a pied à cet endroit à part les géants aux petits pois. D’ailleurs les géants aux petits pois ont plus que pied ici, puisque ce qui me sert de récipient aquatique pour faire des longueurs toujours plus longues à mes yeux ne leur serait pas d’une grande utilité à part pour une trempette d’orteils poilus.

Zut, où est passé ma clé de vestiaire??? Elle était accrochée à un bracelet, qui était lui-même attaché à ma cheville. Je me redresse, je touche ma cheville, plus rien. Je regarde. Plus de bracelet jaune. Comment ça, plus de bracelet… Ce n’est pas possible! Je ne peux tout simplement pas vérifier le moindre mètre carré de piscine! Je fais du surplace en tentant de maîtriser mon rythme cardiaque. Je tourne la tête affolée à droite et à gauche. De loin, quelqu’un crie quelque chose. Un bruit plutôt strident me parvient diminué à travers la ouate de mon angoisse et mon pouls qui résonne dans mes oreilles.

Il n’y a qu’une solution: plonger. En espérant qu’il est dans les parages. Je prends une grande inspiration et disparais sous l’eau.Heureusement, je l’aperçois assez vite et le récupère. J’entame ma remontée et franchis la surface, le bracelet porté au bout de mon bras de manière victorieuse. 

J’ai bien droit à une petite pause, d’autant plus qu’il n’y a plus grand monde autour de moi. Je relève mes lunettes et les bords de mon bonnet.

Soudain, des sifflements effrénés me font opérer un volte-face vers le bord du bassin. Le sifflet rouge du maître nageur semble au bord de l’explosion. Comme si j’étais réticente à retrouver la terre ferme, il continue à me crier:

« MADEMOISELLE, IL FAUT SORTIR DU BASSIN!!! ON FERME!!!!!!»


C'est sur que j'allais pas y dormir, dans ton bassin! Je ne serais pas en train de faire une démonstration de sirène si les clés de vos vestiaires n’étaient pas en plastique qui glisse. Crapaud, va...

Jamais sans mon bracelet!

dimanche 31 janvier 2016

Les garçons à la peau douce

On se fait toujours avoir.

Sous le choc, on s’entend souffler des compliments tels que « Ta peau est incroyablement douce… encore plus que la mienne, c’est fou! ».

Mais un jour, j’ai fait des regroupements de souvenirs et d’idées. Et ça a fait « tilt ».

J’ai remarqué qu’à chaque fois qu’un garçon avait la peau trop douce, il allait à la piscine.

Ma conjecture est donc la suivante: ils n’ont pas la peau super douce parce qu’ils ont des gènes exceptionnels et que la nature en a fait des dieux vivants. Non non non non non. Leur peau est douce à cause du chlore. Autrement dit, le chlore leur a brûlé l’épiderme.

Alors moi, je préfère me gommer les mollets avec de la purée d’avocat mélangée à du sucre, du miel et tout ce qui me passe sous la main en imitant la démarche d’E.T. devant la glace (« téléphone maison »… Oui, j’imite aussi sa voix. Oui, non-stop pendant une heure) plutôt que de me mettre en maillot pour me brûler la peau!

5 fruits et légumes par jour, à manger ou à se tartiner
La balance de la douceur



mardi 12 janvier 2016

La reine de glace

Dans un pays lointain, pas si lointain, les températures oscillaient autour de la moyenne comme si elles confirmaient la situation géographique du pays contrairement à tous les a priori: ni à l’Est ni à l’Ouest, mais au coeur de l’Europe Centrale. 

Enfin, quelque soit son historique socio-économico-culturel, j’avais enfilé mon sous-pantalon de ski sous un jean bien coupé du genre j’ai trop le style de l’extérieur, parce que 0°C reste 0°C et qu’en dessous, j’ai les poils qui gèlent.

Sous mon bonnet à pompon, j’avançais tel un manchot impérial rive droite (non, ce ne sont pas mes réflexes de parisienne que de dire « rive droite », c’est dixit Le petit futé, donc si quelqu’un a quelque-chose à redire, il sait désormais où s’adresser). En m’approchant de la place principale de cette rive, j’aperçus une longue file d’attente. Mes yeux remontèrent le long de cette dernière pour arriver à une vision peu commune: une reine de glace bénissant un à un ceux qui se présentaient à elle. Perchée sur sa chaise haute, sa robe de quelques mètres formait un doux duvet s’écoulant telle une cascade figée autour d’elle. Du bout de son sceptre magique pendait un fil auquel était accroché une couronne. A chaque passage, elle l’abaissait quelques secondes sur une nouvelle tête puis le relevait, désignant ainsi la fin de sa mission.

En mal de prince charmant, il me fallait évidemment faire un voeu pendant la bénédiction de la Reine. C’est là que Google traduction a du sauter. L’amour restant de glace, c’est un chimpanzé qui m’est tombé dessus au bout de la rue. Hurlant « Houba houba »* en mimant un acte sexuel, il fit plusieurs tours de manège avant de disparaître aussi soudainement qu’il était apparu.

La prochaine fois, je me méfierai des glaçons qui n’ont pas pour habitude de réchauffer les coeurs. 


* j’ai vérifié, cela ne signifie ni « bonjour » ni « au-revoir » dans le pays en question

Je suis le chimpanzé glacé aka the King of your life

jeudi 24 décembre 2015

La surprise de Noël


Après 15 jours à se ruer dans les boutiques avant qu’elles ne ferment, la tête s’emballant comme une girouette à chaque annonce priant la clientèle de bien vouloir se diriger vers la sortie…

Après le rhume de Noël à constater qu’Harrison Ford est aussi irrésistible en Han Solo qu’en Indiana Jones…

Il me reste une solution pour tenter de combler les lutins: le stand boomerang, communément appelé « La surprise de Noël ». Des boîtes en fer sont empilées les unes sur les autres. En fonction de la boîte visée par le lancé de balle, un cadeau est lâché. Il faut l’attraper, sinon il recommence son tour jusqu’à ce que nos réflexes soient plus affûtés.

Aucune chance de perdre: c’est un jeu où, tant qu’on n’y est pas arrivé, on doit recommencer.

C’est ça, la magie de Noël.


course aux cadeaux

lundi 30 novembre 2015

De pâtes, oui, oui, de pâtes


Je me suis réveillée avec le ventre qui gargouillait. J’avais faim. Mais pas faim du bon gâteau aux pommes tout doré que je m’étais concocté la veille. Non. J’avais faim de pâtes. De pâtes au beurre salé.

J’étais tellement sous le choc de mon envie que j’en étais scotchée au lit. Peut-être aussi que j’y étais scotchée parce qu’il était tout simplement trop tôt.

Immobile, les yeux grands écarquillés, une seule question en tête : pourquoi ? Pourquoi est-ce que je me réveillais un lundi matin de novembre en ayant faim de pâtes au petit-déjeuner ?

Puis, j’ai oublié cette sensation jusqu’au soir. Jusqu’au soir où, justement, en saisissant mon paquet de penne, le rêve m’est revenu en plein estomac.

Le rêve où j’annonçais à mes amies que j’avais rencontré un garçon qui avait l’air sympa et que c’était lui l’inventeur du système de fermeture adhésive sur les paquets de pâtes. Après plusieurs secondes de flottement où l’on pesait le pourcentage de non-romantisme de l’information, on penchait pour l’admiration et on s’exclamait en même temps "trooooop balèze!!!!".

Le rêve s'arrête là.
J'ai rêvé de pâtes...

Sur un nuage de penne, ouverture facile

samedi 14 novembre 2015

Paris, City of Love


Pas beaucoup de mots.

Pas beaucoup de mots qui viennent dans cette gueule de bois ensanglantée.

Juste des pensées en vrac.

Des pensées à ces morts inutiles.
À l’horreur.
À ces déviations de religions stériles et vides de sens.

Des pensées à l’amour, à Paris, au bien-être de vivre ensemble, ensemble en tant qu’êtres humains c’est tout, des pensées à la liberté, à l’égalité, à la fraternité, des pensées à la vie.

Paris, c’est la vie.
Fluctuat nec mergitur.

Pars, c'est la vie - à la vie!
 

jeudi 29 octobre 2015

Mon nom est Dracula


Halloween semble se préparer de plus en plus tôt. J’ai donc décidé de prendre le diable par les cornes et de commencer dès janvier par une visite de courtoisie à ce cher Dracula.

Au cœur des terres roumaines et des sommets transylvaniens se dresse sa résidence principale. La Château de Bran. Pour y accéder, je vous le conseille plutôt en été. J’ai du gravir un chemin escarpé, glacé de manière relativement homogène. Arrivée à la cime de la montagne qui correspond à l’entrée du château, il a fallu que je me dépêche de m’accrocher à une balustrade car, entre le vent, la neige et les -15°C, j’ai cru que j’allais décoller sous forme congelée.

Dans le hall, je suis restée 10 bonnes minutes blottie contre la porte de la billetterie - le seul endroit chauffé - afin de pouvoir à nouveau mouvoir mes doigts et réajuster ma toque. Mon cher Comte, j’étais fin prête à enlever les clous de ton cercueil pour admirer ta cape.

J’ai parcouru toutes les pièces de ta demeure un peu trop grise à mon goût. Aussi, je ne sais pas comment tu fais, mais je me les suis pelées, dans ton château ! Pense au chauffage central, ça peut être très attractif. Quoi qu’il en soit, je ne t’ai pas trouvé. Peut-être étais-tu de voyage en Angleterre histoire de te brûler la peau (tu n’as pas besoin de beaucoup de soleil pour ça). J’étais un peu triste, ça m’en a presque enfoncé un pieu au cœur.

Ou tu étais parti te brosser les canines dans un de tes passages souterrains bien sombres - je soupçonne le puits de la cour d’en être une entrée. C’est bête, parce qu’ayant mastiqué trois gousses d’ail par superstition avant de venir, on aurait pu jouer à qui sent le plus mauvais.

J’aurais tellement aimé que tu me dises « Mon nom est Dracula » avec le même accent que dans le film de Coppola… Je suis très déçue. Pense à te présenter la prochaine fois, vieille canaille! On trinquera à ta santé. Je vérifierai quand même l’étiquette de la bouteille si tu ne m’en veux pas, parce que le sang, même millésimé, c'est pas trop mon truc.

Dracula, sors de ta cachette, c'est Halloween!!!