lundi 9 septembre 2013

Ma chronique de San Francisco – 5ème jour


Aujourd’hui, c’est mon jour de gloire.

Si, si. Mon acte héroïque. La traversée du Golden Gate Bridge en vélo. Surtout que, parfois, j’ai beau pédaler, une bonne bourrasque me stoppe net. Autant dire que, sur ce trajet, je pédale doublement. Mon co-équipier me prend en photo. Juste au cas où : j’ai une preuve.

En voilà une journée agréable, ensoleillée et sportive !
De retour sur la péninsule, je me promène et fais quelques emplettes. Le temps passe. J’ai une invitation ce soir. Je trouve une banque histoire d’avoir un peu d’argent sur moi. L’instinct m’amène à consulter mon solde en premier lieu.

Je louche. Je triple-louche et relouche.

$2.

Je nettoie l’écran. Les distributeurs sont parfois sales.

Toujours $2.

Restons zen. J’ai encore 2 jours à passer ici et on est samedi soir. J’ai des sorties de prévues. $2 me semblent un peu justes pour subvenir à mes besoins, je crois.

J’appelle la location de vélo puisque ce sont eux qui m’ont mis dans cette faillite en encaissant ma caution. On me répond d’une voix mielleuse que seule ma banque peut intervenir. Ma voix à moi n’est plus du tout comme du miel. Une semaine que je suis ici, une semaine que je me débats chaque jour avec quelque chose de nouveau. Ce rôle de Don Quichotte ne me va pas du tout, parce que, franchement, se battre contre un ou deux moulin(s) à vent passe encore, mais pas plus ! J’aurais été lui, j’aurais quitté la Mancha fissa fissa. Je redemande à un ami de me trouver le numéro de téléphone de ma banque, les appelle et passe 40 minutes en ligne avec eux. Je parle, je pleure, j’ai l’air hystérique aux yeux des clients qui viennent retirer de l’argent. Finalement, le manager fait un geste envers moi et re-crédite mon compte. J’adore les managers !

Je rejoins tant bien que mal I. et ses amis avec plus d’1 heure de retard. Vidée, je reprends vie dans la nuit san franciscaine, me laissant porter par le zeitgeist.

L'argent, l'argent, toujours l'argent... Qui m'aime me suive, oui!
Why do we care about money, huh?

My San Francisco Chronicle – day 5


Today is my day of glory.

I tell you. My heroic act. The bike ride across the Golden Gate Bridge. I remind you that it takes several hours to get through the other side, especially because sometimes, I can paddle my whole soul, the wind stops me right away. I would say I have to double-paddle. My team-mate takes a picture of me with the bike on the bridge. We never know. I have a proof I did it.

Today seems to be a cool, sunny and healthy day! I'm glad. Now, things are going better and better. I wander and go a little shopping. Yet, time is flying and I have an invitation for tonight. I find a branch of my bank. It is always better to have some cash on me when going out. My instinct leads me to check my balance first.

My eyes get crossed. My eyes get crossed three times, and get crossed again.

$2 left.

I clean the screen. ATM are often dirty.

Still $2 left.

Keep cool. I have two days left here and it is Saturday night. I have plans for tonight. It looks like $2 are not enough.

I text a friend to get the number of the bike renting shop. They put me in such a bankruptcy because they debited the security deposit that I temporarily gave them. I said temporarily. When I was away with the bike. So, not anymore! I know the shop closes in 5 minutes. I call them. They answer with a honey voice that they can't do anything; I have to call my bank. My own voice doesn't sound like honey anymore. Seriously, I am not Don Quixote! I can fight against one or two windmill(s), but not against a new one every day! I re-text my friend to get the number of my bank. I call the bank, spend 40 minutes on the phone, explaining the situation and crying. In the meantime, the other clients, who get in to withdraw some money, stare at me as if I was hysterical, which state I'm not far from to tell the truth… After a while, the bank supervisor tells me that he is going to do me a huge favor and to give me the money back. I love supervisors!

I join I. and his friends as well as I can. I am more than 1h late.
Feeling empty, I get back to life in the San Francisco night, letting me flow by the zeitgeist.

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