Si la vie
est courte, autant s’en inventer une chaque jour.
vendredi 7 février 2014
vendredi 31 janvier 2014
Chronique 2 de Madrid - Un perpétuel été
Le
lendemain, je me prépare à faire ma vie dans la capitale endormie. Après avoir
réfuté, débattu puis accepté mon statut de touriste, j’envisage une visite
organisée de la ville. Direction la Plaza Mayor.
Dès ma
sortie de l’auberge, je suis happée par une foule téméraire qui se meut,
parapluie contre parapluie. Me voilà à jouer des coudes tout le long du chemin!
À croire qu’une invasion a eu lieu pendant la nuit.
Arrivée à
destination, j’intègre un groupe et passe 2h à me délecter de ce petit accent
espagnol courant sur la langue de Shakespeare. Quant aux Espagnols s’exprimant
dans leur langue natale, c’est à tomber ! Bien sûr que si, j’écoute ce que
dit le guide. De temps en temps.
Enivrée
par le potentiel érotique de cette langue, je poursuis mon chemin de calle en
calle au fil des jours.
J’ouvre
mon palais au churros, mon porte-monnaie aux dépenses dérisoires, mon amitié
aux Madrilènes de passage ou de toujours.
Ainsi, je
commence mon apprentissage de l’espagnol. Une petite fille de 10 ans me fait
répéter les jours de la semaine. Lunes,
Martes, Miércoles … et dire que j’ai suspendu ma lecture de Voltaire 2h plus tôt,
la chute est rude… jueves, viernes…
là, on arrive aux plus faciles… sábado et domingo. Ma professeure semble satisfaite de son élève.
J’apprends
également des choses utiles comme « un
vasso de Rioja, por favor ». Rien à y faire, je ne serai jamais
catholique devant les églises.
Je vis à
l’heure optimiste.
J’ai
notamment fait buguer mes 2 messageries. Ne comprenant pas le message de
sécurité qui s’affichait, il semblerait que j’ai cliqué sur le mauvais bouton.
Je prends
le temps d’admirer Guernica, la
surprise à laquelle je ne m’attendais pas. Et surtout des Miro, des Goya.
Mais je
m’égare. Il est l’heure des tapas et de la cerveza !
« Un p’tit coin d’parapluie contre un coin d’paradis … »
(Georges Brassens, Le parapluie)
« A li’l bit of my ‘brella for a bit of paradise … »
(Georges Brassens, « The Umbrella »)
Chronicle 2 of Madrid – An Eternal
Summer
The day after, I’m getting ready to do
my own things in the sleeping capital. After having rejected my status of
tourist, then debated it, and finally accepted it, I’m planning to do a city
tour. Direction Plaza Mayor.
As soon as I get out of the hostel, a
determined moving crowd, umbrella to umbrella, swallows me. Here I am, trying
to make my way to my goal. It’s like the city got invaded through the night.
Arrived at my destination, I squeeze in
a group and enjoy 2 hours of listening this little Spanish accent running on
Shakespeare’s language. Also, when Spanish speak in their native language, that
is smashing! Don’t think I don’t listen a word of the guide’s explanations.
Because I do! Really. Sometimes.
Intoxicated by the sexual power of this
language, I go on my way from calle
to calle day after day.
I lead myself in churros, my wallet in minimal expenditures, my friendship in Madrilenos for a moment or forever.
So I begin my learning of Spanish. A 10
years old girl teaches me the days of the week. Lunes, Martes, Miércoles… knowing that I left my reading of
Voltaire 2 hours ago, the fall is abrupt… jueves,
viernes… here come the easiest ones… sábado
and domingo. My teacher is quite
satisfied with her pupil.
I also learn some more useful things
like « un vasso de Rioja, por
favor ». And, nothing to do for it, I’ll never be a catholic,
particularly in front of churches.
Happy go lucky.
I got my 2 e-mail accounts to freeze. I
didn’t get the security messages that popped up in Spanish. It seems like I
clicked on the wrong button. Twice.
I take my time to admire “Guernica”, the
surprise I didn’t expected to see. Then, mostly Miro and Goya paintings.
But I digress. It is tapas and cerveza time!
mercredi 22 janvier 2014
Chronique 1 de Madrid – L’hiver
C’est
l’hiver. Tout le monde part en vacances. Le besoin de soleil, de découvertes,
de dépaysement. Et si, moi aussi, je partais ? Pour un budget des plus
enviables, bien sûr.
Je tape
« vol low cost départ paris ». J’irais bien à… Naples… ou Istanbul…
non, j’ai trouvé ! Athènes. Athènes, c’est bien, c’est beau, c’est… à ce
prix ???! Mais je croyais que c’était la crise ???!
Reprenons
depuis le départ. Critère n°1 : le coût. Je coche « classement
par ordre croissant ». Apparaît la première option. Madrid. Tiens, et
pourquoi pas Madrid ?
Ne jamais
sous-estimer la cruauté des compagnies aériennes. À peine arrivée au poste de
contrôle de sécurité, l’hôtesse me fait remarquer qu’un bagage en cabine, c’est
un bagage, pas un bagage et un sac à main. Déjà que j’ai eu du mal à la
distinguer derrière mes lunettes noires, je la trouve complètement inhumaine de
me demander ça un 1er janvier au matin. J’obtempère et m’assoie sur
ma valise afin de comprimer le tout sous les regards amusés des autres
passagers qui ont – allez comprendre pourquoi – l’air plus frais que moi.
Quelques
heures plus tard, je me rends au Prado. Choix doublement justifié.
1/ Échapper à la pluie.
1/ Échapper à la pluie.
2/ Me
tenir éveillée jusqu’au soir.
Pas très
bien éclairé par ici, dîtes donc. Ah si seulement j’étais lovée dans une
couette bien douillette… dans une couette bien… dans une couette… Mais où
suis-je donc ? Ah oui, c’est vrai. Le Prado. C’est ça Le Prado ? Je
vérifie plusieurs fois. On ne sait jamais ; en partant à la dernière
minute, je n’ai pas eu le temps de faire des recherches imagées sur ma
destination ni d’en étudier le guide. Je veux donc bien que ce bâtiment soit le
musée le plus connu d’Espagne, mais, où en sont les visiteurs ? Sans doute
au chaud à l’intérieur. J’appuie sur le battant d’une porte qui… ne s’ouvre
pas. Je renouvelle la démarche sur un autre. Idem. Je recule d’un pas. Il fait
vraiment sombre ici. Je me penche sur l’affichage des horaires. « Fermé le
1er janvier ». En y réfléchissant, c’est vrai que ça a plus
l’air fermé qu’ouvert. Je laisse tomber ma tentative d’érudition, et m’en vais
vagabonder dans les rues désertes. Qui n’a pas connu un 1er janvier
à Madrid ne connaît rien de la solitude hivernale.
Chronicle 1 of Madrid – Winter
It’s winter. Everybody is going on vacation. The need of sun, of discovery, of expatriation. Why would everybody go but not me? Let’s do it. I’ll find a good deal, for sure.
It’s winter. Everybody is going on vacation. The need of sun, of discovery, of expatriation. Why would everybody go but not me? Let’s do it. I’ll find a good deal, for sure.
I type « low cost flight departure
paris ». I’d like to go to… Naples… or Istanbul… or… I know ! Athens.
Athens is a good idea, it’s beautiful, it’s… at that price???! I thought they
were hit by the crisis???!
Let’s do it again. Criteria n°1 :
the cost. I check « sorted in ascending order ». The first option
appears. Madrid. Madrid… Why not Madrid?!
Never underestimate the cruelty of
airlines. As I just get to the security, the stewardess lets me know that one
cabin bag is accepted, not one cabin bag plus one handbag. First, I have to say
that I could hardly distinguish her through my sunglasses, and then I think it
is really inhuman to ask me that on January, 1st in the morning. I
do what she tells me and sit down on my luggage in order to squeeze everything
in it, trying not to look at the other passengers funny looks (I don’t know why
they all look fresher than me… Wasn’t it New Year’s Eve for them too yesterday
night??!)
A few hours later, I’m heading to the
Prado. 2 good reasons for this choice.
1/ To escape the rain.
2/ To stay awake until it’s a decent
time to go to bed.
Not really well lighted here… Ah… If
only I would lie under a warm and cozy blanket… cozy blanket… blanket… Where
the hell am I? At the Prado. True. Am I right, at The Prado? I check several
times. We never know. Having booked last minute, I didn’t get the time to look
for pictures of the city, or even to open my city guide. I guess this huge and
flat building must be the most famous Spanish museum, but where are all the visitors?
They must be inside, staying warm. I push a door leaf… that doesn’t open. I
repeat the gesture on another leaf. The same. I step backward. It’s really dark
here. I lean over the time display. “Closed on January, 1st”.
Thinking of it, it is true that it seems more closed than open. I drop my
erudition attempt to roam through deserted streets. Who hasn’t known 1 January
in Madrid doesn’t know anything about winter loneliness.
vendredi 10 janvier 2014
D’une année sur l’autre
La
nouvelle année s’ouvre par la tâche la plus ardue des 12 mois à venir.
Il ne s’agit
pas de dresser ma liste de bonnes résolutions. Pas non plus de faire le tour de
mon carnet d’adresse afin de souhaiter de bons vœux et tout ce que mon
imagination peut offrir en bonté.
La tâche
la plus ardue de l’année, c’est trouver un nouvel agenda.
Généralement,
l’histoire commence avant.
Par
exemple, mi-novembre. Mi-novembre, je traîne, j’admire la papeterie. Je pense
que 2014, c’est loin. Qu’il y aura beaucoup plus de choix plus tard.
Entre la
mi et la fin décembre, je m’aventure admirer les carnets de toutes sortes pour
prendre une bouffée d’oxygène au cours d’après-midis cadeaux. Tout l’argent
dépensé pour les autres déculpabilise d’envisager d’en dépenser pour soi.
Puis, il y
a les vacances. Et début janvier. Début janvier où mon organisation relève du
défi, où mes rendez-vous sont notés dans des coins de feuille oubliés, où je finis
par tout regrouper. Je m’attèle à découper ces petits bouts de papier pour les déposer
sur une autre feuille, je les colle dans l’ordre et j’en admire le résultat
tout à fait digne des Beaux Arts mouvance Do It Yourself. Malgré tout, je ne
suis pas certaine de pouvoir m’octroyer une séance découpage-collage un jour
sur deux. Ni même que les parties extérieures se rendent compte de la
virtuosité de ce système de récupération. Je l’ignorais jusqu’à présent, mais
j’aurais dû être ingénieure en recyclage.
Plus
d’alternative possible, je reviens à mes beaux rayons papeterie pour chercher
un agenda, un vrai.
Horreur !
Ils sont tous hideux ! Trop petits, trop gros, pages trop fines, papier trop
jauni, couvertures trop vieillottes, trop lourds… Je suis consternée.
mardi 24 décembre 2013
Cher Père Noël
Cher Père
Noël,
Tu sais
que tu peux toujours compter sur moi pour faire ton éloge auprès des petits
comme des grands. Je suis persuadée que tu te manifesteras un jour, alors, comme tous les
ans, j’essaie de t’envoyer une petite lettre. Peut-être que cette fois-ci, tu
auras pensé à connecter ton wi-fi.
Je ne t’ai
jamais considéré comme une ordure. Non pas qu’on m’ait épargné le visionnage du
Père Noël est une ordure (tu dois
déjà être au courant de ce qu’ils ont fait de ta bûche. Depuis, j’ai décidé
qu’il valait mieux jeûner pendant toutes les fêtes de fin d’année), mais je
suis plus films intellos coréens où il y a trois spectateurs dans la salle,
genre Le jour où le cochon est tombé dans
le puits. Au lieu que ça soit toi qui te fasses trucider, c’est un cochon.
Tu vois, il y a aussi de l’action.
À vrai
dire, je ne sais pas si c’est très utile que je te fasse une liste stricto
sensu vu qu’on a un lien tellement fort que tu sais déjà ce qui me ferait
plaisir. Tu as bien noté l’idée de l’appartement ? On ne sait jamais au
cas où tu aurais la tête ailleurs, je préfère te le rappeler.
Tout ce
que je peux te conseiller, dans l’ensemble, c’est que, vu qu’on m’a toujours affirmé que
ce n’était pas le prix qui comptait, autant zapper les idées les moins chères.
J’espère
que cette année, tu seras sympa avec moi, parce que moi, j’ai été hypra cool.
À demain,
Lullaby
lundi 16 décembre 2013
Amis lutins, du calme !
Mes chers
petits lutins,
Comme
j’aime vous appeler ainsi ! Je sens déjà le rouge monter à vos joues, mais
j’en profite. En juillet, vous n’auriez pas de sourire béat en enfilant ce même pantalon vert sapin.
Noël
approche, il est vrai. En plus de le savoir comme tout le monde, je le sais
car :
1/ Vous
m’en parlez tous les jours, excités comme des puces en bottines fourrées.
2/ Vous
frétillez dans les starting-blocks, hotte au dos.
3/ Pire,
vous avez déjà boulotté tous les chocolats de votre calendrier de l’avent. Moi
qui comptais vous en piquer un ou deux en douce, je suis mal.
Mais, petits
amis lutins, ce n’est pas une raison pour commencer vos courses de Noël un mois
à l’avance ! Rappelez-vous la joie de courir les boutiques ouvertes le 24…
Et comme, a priori, elles le sont toutes, la journée s’annonce particulièrement
vivifiante. Danser le collé-serré en doudoune sur un air de « Jingle
Bells » vaut son pesant de houx en fête.
Non
seulement il y a autant de choix le 24 que le 1er, mais l’avantage
indéniable réservé aux lutins sprinteurs, ce sont les promotions du dernier
jour. Avouez que vous aurez la mine un peu plus généreuse si vous installez 5
petits paquets au pied du sapin plutôt qu’un seul (oui, oui, comme toujours, on
mise sur les dvds, valeur sûre). J’en entends déjà vos grelots s’agiter.
Le Père
Noël lui-même a inventé le concept de dernière minute. Imaginez ce qui
arriverait s’il décidait de commencer sa tournée des cheminées un mois à
l’avance. Vous devinez ? Non ? Eh bien, je vais vous le dire, moi. Il
aurait le derrière sacrément cramé. Par conséquent, le 24 à minuit, il ne
s’amuserait pas à faire de la glisse sur son traîneau, mais resterait se rouler
dans la neige en Norvège. Non, vraiment, avant le 24, il a d’autres rennes à
fouetter.
Votre
lutine mutine préférée,
Lullaby
-Il sonne creux dis-donc...
- Tu crois qu'il est vide?
- Faudrait peut-être en acheter un autre avant qu'il n'y en ait plus...
lundi 25 novembre 2013
À la recherche du livre perdu
Impossible.
Je ne
perds jamais mes livres.
Non pas
que ma bibliothèque soit des mieux rangées (après, tout dépend de la définition
que l’on donne au concept de « rangement »), mais mon intuition
intellectuelle va toujours me porter à la recherche du livre qui manque dans
ces rangées, ces piles, ces rangées sur piles et autres piles sur rangées.
Comme l’intuition féminine pousse certaines à sentir une infidélité, je ressens
le défaut de papier. L’absence d’une histoire. La fuite de personnages.
C’est
alors que commence une véritable enquête. Où a-t-il été vu pour la dernière
fois ? Quand ? Par qui ? Quand ? Qui l’a lu ?
Quand ? Quel malotru ne me l’aurait pas rendu ? Quand ????!!!
Parce que
prêter un livre, c’est pire que dealer de la drogue. Quand tu prêtes un livre,
il y a non pas une mais deux transactions. Tellement heureux de l’aller,
certains ont tendance à oublier le retour alors que tu n’imagines pas récupérer
la fumée de ton joint pour la rendre à ton dealer. Non, vraiment c’est pire.
Je passe
ma mémoire au magnétoscope à coup de rembobinages, d’arrêts sur image, de sauts
de chapitres. La tâche devient ardue. Ce livre-là, je l’ai adoré, conseillé et
prêté à … laissez-moi réfléchir… à tout le monde. Qu’on se réjouisse de mes
conseils, je veux bien, qu’on me prenne pour la Fnac version humanitaire, faut
pas pousser.
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