mercredi 22 janvier 2014

Chronique 1 de Madrid – L’hiver


C’est l’hiver. Tout le monde part en vacances. Le besoin de soleil, de découvertes, de dépaysement. Et si, moi aussi, je partais ? Pour un budget des plus enviables, bien sûr.

Je tape « vol low cost départ paris ». J’irais bien à… Naples… ou Istanbul… non, j’ai trouvé ! Athènes. Athènes, c’est bien, c’est beau, c’est… à ce prix ???! Mais je croyais que c’était la crise ???!

Reprenons depuis le départ. Critère n°1 : le coût. Je coche « classement par ordre croissant ». Apparaît la première option. Madrid. Tiens, et pourquoi pas Madrid ?

Ne jamais sous-estimer la cruauté des compagnies aériennes. À peine arrivée au poste de contrôle de sécurité, l’hôtesse me fait remarquer qu’un bagage en cabine, c’est un bagage, pas un bagage et un sac à main. Déjà que j’ai eu du mal à la distinguer derrière mes lunettes noires, je la trouve complètement inhumaine de me demander ça un 1er janvier au matin. J’obtempère et m’assoie sur ma valise afin de comprimer le tout sous les regards amusés des autres passagers qui ont – allez comprendre pourquoi – l’air plus frais que moi.

Quelques heures plus tard, je me rends au Prado. Choix doublement justifié. 
1/ Échapper à la pluie.
2/ Me tenir éveillée jusqu’au soir.

Pas très bien éclairé par ici, dîtes donc. Ah si seulement j’étais lovée dans une couette bien douillette… dans une couette bien… dans une couette… Mais où suis-je donc ? Ah oui, c’est vrai. Le Prado. C’est ça Le Prado ? Je vérifie plusieurs fois. On ne sait jamais ; en partant à la dernière minute, je n’ai pas eu le temps de faire des recherches imagées sur ma destination ni d’en étudier le guide. Je veux donc bien que ce bâtiment soit le musée le plus connu d’Espagne, mais, où en sont les visiteurs ? Sans doute au chaud à l’intérieur. J’appuie sur le battant d’une porte qui… ne s’ouvre pas. Je renouvelle la démarche sur un autre. Idem. Je recule d’un pas. Il fait vraiment sombre ici. Je me penche sur l’affichage des horaires. « Fermé le 1er janvier ». En y réfléchissant, c’est vrai que ça a plus l’air fermé qu’ouvert. Je laisse tomber ma tentative d’érudition, et m’en vais vagabonder dans les rues désertes. Qui n’a pas connu un 1er janvier à Madrid ne connaît rien de la solitude hivernale.

ours à la couronne


Chronicle 1 of Madrid – Winter

It’s winter. Everybody is going on vacation. The need of sun, of discovery, of expatriation. Why would everybody go but not me? Let’s do it. I’ll find a good deal, for sure.

I type « low cost flight departure paris ». I’d like to go to… Naples… or Istanbul… or… I know ! Athens. Athens is a good idea, it’s beautiful, it’s… at that price???! I thought they were hit by the crisis???!

Let’s do it again. Criteria n°1 : the cost. I check « sorted in ascending order ». The first option appears. Madrid. Madrid… Why not Madrid?!

Never underestimate the cruelty of airlines. As I just get to the security, the stewardess lets me know that one cabin bag is accepted, not one cabin bag plus one handbag. First, I have to say that I could hardly distinguish her through my sunglasses, and then I think it is really inhuman to ask me that on January, 1st in the morning. I do what she tells me and sit down on my luggage in order to squeeze everything in it, trying not to look at the other passengers funny looks (I don’t know why they all look fresher than me… Wasn’t it New Year’s Eve for them too yesterday night??!)

A few hours later, I’m heading to the Prado. 2 good reasons for this choice.
1/ To escape the rain.
2/ To stay awake until it’s a decent time to go to bed.

Not really well lighted here… Ah… If only I would lie under a warm and cozy blanket… cozy blanket… blanket… Where the hell am I? At the Prado. True. Am I right, at The Prado? I check several times. We never know. Having booked last minute, I didn’t get the time to look for pictures of the city, or even to open my city guide. I guess this huge and flat building must be the most famous Spanish museum, but where are all the visitors? They must be inside, staying warm. I push a door leaf… that doesn’t open. I repeat the gesture on another leaf. The same. I step backward. It’s really dark here. I lean over the time display. “Closed on January, 1st”. Thinking of it, it is true that it seems more closed than open. I drop my erudition attempt to roam through deserted streets. Who hasn’t known 1 January in Madrid doesn’t know anything about winter loneliness. 

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