mardi 14 octobre 2014

Relaxation ultime


Mes paupières oscillent sous le poids de la chaleur. Je m’endors pour une sieste bronzette. J’entrouvre les yeux. Crêpe humaine assumée, je vais désormais me faire dorer le dos.

À peine ai-je commencé à me tourner que je m’arrête en plein mouvement et grimace. De la roche volcanique ! J’ai oublié sur quoi je suis allongée. C’est vrai qu’une fois les aspérités comblées grâce à tous les bouts de tissus existants dans mon sac - mon sac y compris -, ça va tant que je ne bouge pas. Tant pis pour l’uniformisation du bronzage. De face, j’aurai l’air de revenir des Canaries. De dos, du cercle polaire.

Je me lève pour me baigner. Je ne viens quand même pas à la mer pour des cacahouètes. D’ailleurs, comment font les gens pour faire trempette ici ?! Ils semblent sauter… Oui, mais pour remonter ? Je ne vois pas d’échelle. Je souhaite cependant ne pas finir comme une vieille sardine fripée incapable de regagner ses pénates.

Le mieux est d’observer.
Je chausse mes lunettes noires, revêts mon chapeau de paille et feins de m’occuper en tripotant mon maillot. Derrière mon attirail, je garde les yeux rivés sur les potentiels baigneurs autour de moi. Ils ne sont pas 50, mais il y en a bien un qui va finir par avoir trop chaud. Tiens, en voilà une. Elle saute. Ça, ça va. J’ai intégré qu’il fallait se mouiller. Elle barbotte à gauche, à droite. Très bien. Elle remonte quand ? Histoire que je comprenne le système ?!! J’en ai un peu marre de faire semblant de remettre mon maillot en place… Les gens vont croire que j’ai des tocs. Ah, voilà, elle s’approche. Elle… Elle… Elle escalade la roche en s’aidant de l’impulsion donnée par les vagues… Olala…

Je refuse de voir la fin de la manœuvre et m’approche du bord. Faîtes que je ne m’écrase pas contre un rocher, je ne sais pas comment on dit « emmenez-moi à l’hôpital » en italien. Encore moins en sicilien. En même temps, si je m’assomme et que mon corps remonte à la surface, je n’aurai rien besoin de balbutier pour qu’on me ramasse dans un filet de pêche comme un daurade en pleine saison, et qu’on me ramène sur la terre ferme. Le contact avec le confort extrême me ranimera à coup sûr. En définitive, j’ai bien fait de ne pas apprendre les formules d’urgence la veille de mon départ et d’aller acheter un nouveau bikini à la place.

Je saute.

Emplie de fierté de ne pas m’être fracassée le crâne et d’avoir réussi à imiter une grenouille plus ou moins agile pour remonter, je lézarde un instant quand je sens le soleil décliner. Précision. Je suis moins inquiète du rythme du soleil que du départ du dernier bus. Je suis attendue pour manger une pizza, moi !

Ma dernière interrogation me fouette le visage sans ménagement. Comment donc se changer avec un vent à décorner les bœufs sans lancer un mouvement nudiste ???

C’est l’heure de ma confession. Lisez bien, je ne l’écrirai pas deux fois.

Au final, il est très pratique de ne pas être seule en Sicile. Même quand on veut méditer sur la plage. Même quand on veut acheter une bouteille d’eau*.

Baci. Baci.

Ps : à ce stade, j’ai plus que mérité ma pizza.


*cf chronique précédente, Le sens de la famille

Comment plonger en Sicile ou la grenouille et le soleil

Arrivederciiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!!!!!!!!!!!!

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