mardi 12 janvier 2016

La reine de glace

Dans un pays lointain, pas si lointain, les températures oscillaient autour de la moyenne comme si elles confirmaient la situation géographique du pays contrairement à tous les a priori: ni à l’Est ni à l’Ouest, mais au coeur de l’Europe Centrale. 

Enfin, quelque soit son historique socio-économico-culturel, j’avais enfilé mon sous-pantalon de ski sous un jean bien coupé du genre j’ai trop le style de l’extérieur, parce que 0°C reste 0°C et qu’en dessous, j’ai les poils qui gèlent.

Sous mon bonnet à pompon, j’avançais tel un manchot impérial rive droite (non, ce ne sont pas mes réflexes de parisienne que de dire « rive droite », c’est dixit Le petit futé, donc si quelqu’un a quelque-chose à redire, il sait désormais où s’adresser). En m’approchant de la place principale de cette rive, j’aperçus une longue file d’attente. Mes yeux remontèrent le long de cette dernière pour arriver à une vision peu commune: une reine de glace bénissant un à un ceux qui se présentaient à elle. Perchée sur sa chaise haute, sa robe de quelques mètres formait un doux duvet s’écoulant telle une cascade figée autour d’elle. Du bout de son sceptre magique pendait un fil auquel était accroché une couronne. A chaque passage, elle l’abaissait quelques secondes sur une nouvelle tête puis le relevait, désignant ainsi la fin de sa mission.

En mal de prince charmant, il me fallait évidemment faire un voeu pendant la bénédiction de la Reine. C’est là que Google traduction a du sauter. L’amour restant de glace, c’est un chimpanzé qui m’est tombé dessus au bout de la rue. Hurlant « Houba houba »* en mimant un acte sexuel, il fit plusieurs tours de manège avant de disparaître aussi soudainement qu’il était apparu.

La prochaine fois, je me méfierai des glaçons qui n’ont pas pour habitude de réchauffer les coeurs. 


* j’ai vérifié, cela ne signifie ni « bonjour » ni « au-revoir » dans le pays en question

Je suis le chimpanzé glacé aka the King of your life

jeudi 24 décembre 2015

La surprise de Noël


Après 15 jours à se ruer dans les boutiques avant qu’elles ne ferment, la tête s’emballant comme une girouette à chaque annonce priant la clientèle de bien vouloir se diriger vers la sortie…

Après le rhume de Noël à constater qu’Harrison Ford est aussi irrésistible en Han Solo qu’en Indiana Jones…

Il me reste une solution pour tenter de combler les lutins: le stand boomerang, communément appelé « La surprise de Noël ». Des boîtes en fer sont empilées les unes sur les autres. En fonction de la boîte visée par le lancé de balle, un cadeau est lâché. Il faut l’attraper, sinon il recommence son tour jusqu’à ce que nos réflexes soient plus affûtés.

Aucune chance de perdre: c’est un jeu où, tant qu’on n’y est pas arrivé, on doit recommencer.

C’est ça, la magie de Noël.


course aux cadeaux

lundi 30 novembre 2015

De pâtes, oui, oui, de pâtes


Je me suis réveillée avec le ventre qui gargouillait. J’avais faim. Mais pas faim du bon gâteau aux pommes tout doré que je m’étais concocté la veille. Non. J’avais faim de pâtes. De pâtes au beurre salé.

J’étais tellement sous le choc de mon envie que j’en étais scotchée au lit. Peut-être aussi que j’y étais scotchée parce qu’il était tout simplement trop tôt.

Immobile, les yeux grands écarquillés, une seule question en tête : pourquoi ? Pourquoi est-ce que je me réveillais un lundi matin de novembre en ayant faim de pâtes au petit-déjeuner ?

Puis, j’ai oublié cette sensation jusqu’au soir. Jusqu’au soir où, justement, en saisissant mon paquet de penne, le rêve m’est revenu en plein estomac.

Le rêve où j’annonçais à mes amies que j’avais rencontré un garçon qui avait l’air sympa et que c’était lui l’inventeur du système de fermeture adhésive sur les paquets de pâtes. Après plusieurs secondes de flottement où l’on pesait le pourcentage de non-romantisme de l’information, on penchait pour l’admiration et on s’exclamait en même temps "trooooop balèze!!!!".

Le rêve s'arrête là.
J'ai rêvé de pâtes...

Sur un nuage de penne, ouverture facile

samedi 14 novembre 2015

Paris, City of Love


Pas beaucoup de mots.

Pas beaucoup de mots qui viennent dans cette gueule de bois ensanglantée.

Juste des pensées en vrac.

Des pensées à ces morts inutiles.
À l’horreur.
À ces déviations de religions stériles et vides de sens.

Des pensées à l’amour, à Paris, au bien-être de vivre ensemble, ensemble en tant qu’êtres humains c’est tout, des pensées à la liberté, à l’égalité, à la fraternité, des pensées à la vie.

Paris, c’est la vie.
Fluctuat nec mergitur.

Pars, c'est la vie - à la vie!
 

jeudi 29 octobre 2015

Mon nom est Dracula


Halloween semble se préparer de plus en plus tôt. J’ai donc décidé de prendre le diable par les cornes et de commencer dès janvier par une visite de courtoisie à ce cher Dracula.

Au cœur des terres roumaines et des sommets transylvaniens se dresse sa résidence principale. La Château de Bran. Pour y accéder, je vous le conseille plutôt en été. J’ai du gravir un chemin escarpé, glacé de manière relativement homogène. Arrivée à la cime de la montagne qui correspond à l’entrée du château, il a fallu que je me dépêche de m’accrocher à une balustrade car, entre le vent, la neige et les -15°C, j’ai cru que j’allais décoller sous forme congelée.

Dans le hall, je suis restée 10 bonnes minutes blottie contre la porte de la billetterie - le seul endroit chauffé - afin de pouvoir à nouveau mouvoir mes doigts et réajuster ma toque. Mon cher Comte, j’étais fin prête à enlever les clous de ton cercueil pour admirer ta cape.

J’ai parcouru toutes les pièces de ta demeure un peu trop grise à mon goût. Aussi, je ne sais pas comment tu fais, mais je me les suis pelées, dans ton château ! Pense au chauffage central, ça peut être très attractif. Quoi qu’il en soit, je ne t’ai pas trouvé. Peut-être étais-tu de voyage en Angleterre histoire de te brûler la peau (tu n’as pas besoin de beaucoup de soleil pour ça). J’étais un peu triste, ça m’en a presque enfoncé un pieu au cœur.

Ou tu étais parti te brosser les canines dans un de tes passages souterrains bien sombres - je soupçonne le puits de la cour d’en être une entrée. C’est bête, parce qu’ayant mastiqué trois gousses d’ail par superstition avant de venir, on aurait pu jouer à qui sent le plus mauvais.

J’aurais tellement aimé que tu me dises « Mon nom est Dracula » avec le même accent que dans le film de Coppola… Je suis très déçue. Pense à te présenter la prochaine fois, vieille canaille! On trinquera à ta santé. Je vérifierai quand même l’étiquette de la bouteille si tu ne m’en veux pas, parce que le sang, même millésimé, c'est pas trop mon truc.

Dracula, sors de ta cachette, c'est Halloween!!!


mardi 6 octobre 2015

Moulin à paroles


-   Je…

-   Et tu…

-   Mais…

-   Non, mais…

-   Tu sais…

-   Ah et…

-   Mmmm…

-   Enfin, c’est pas…

-   Si pour…

-   Pas exactem…

-  

-  

-  

-   Je pourrai en placer une un jour ?????????????!!!!!!!!!!!!!!!!!

Café serré explosif ou inventif?

mardi 22 septembre 2015

Le chevalier périmé


Il y a le personnage principal, le chevalier, et puis il y a son objectif, la belle princesse. Notez qu’on pourrait être moins sexiste et parler de chevalière (pas la bague) et de prince ou alors de chevalier qui va chercher son prince ou encore de chevalière (toujours pas la bague) qui court après sa princesse. Mais soyons simple et restons dans un schéma traditionnel pour l’explication. La tradition, ça marque et ça fout les boules.

Le chevalier veut donc rejoindre la belle Guenièvre à tout prix, qu’importe le déficit dans lequel l’enferrent les crédits émeraudes.

Le problème, c’est qu’il y a plein de portes fermées devant lui. Les vilains obstacles.

Sur son beau cheval blanc qui broute le gazon royal en sifflant High by the Beach1, il réfléchit. Pour une fois, ça lui fait du bien. Il réfléchit et se dit « Mais comment vais-je faire pour retrouver ma belle et tendre ? ». Il a déjà du tâter sa peau de pêche. Désolé tradition.

C’est là qu’intervient le premier adjuvant : Bibi le Hérisson. « Hé Ken, je sais pas ce que tu branles à glandouiller en rond sur ton canasson, mais c’est tout droit ».

Le chevalier ouvre grand les yeux croyant au miracle (là, il a oublié qu’il était capable de réfléchir), lance son bel étalon qui ne court plus tellement droit depuis sa petite snifette et défonce toutes les portes sauf la dernière.

Le cœur entr’ouvert, les yeux exorbités et les jambes flageolantes, il se trouve légèrement mal en point. Avant d’atterrir dans les bras de sa belle et d’offrir son plus beau sourire aux photographes, il se dit qu’il a besoin d’un petit masque au bleuet, fleur fort courante dans la région.

Requinqué du museau et la mèche rebondie, il franchit la dernière porte tel un héros moderne, le torse bombé et luisant. Mais la belle Guenièvre s’est lassée du jeu méritocratique entre-temps et est partie avec un duc espagnol faire bronzer ses rubis à Ibiza.

A ce moment-là, Bibi le Hérisson fait son come-back. Il accourt sur ses petites pattes en tendant au chevalier la clé jetable du chemin vers Adélaïde et le réconforte : « Une de périmée, dix à consommer ».

Le bleuet ayant renforcé jusqu’à son armure qu’il ne peut plus enlever, le chevalier part butiner à gauche et à droite avec un allant à date de péremption jusqu’à ce que la fleur anesthésie toutes ses chairs et qu’il cherche une substance pour combler son manque affectif. Désormais, il erre seul dans son halo bleuté en se demandant quelle porte franchir. On l’entend parfois dans ses délires : « Bibi... psssss... Bibi, t’es où ? ».

1 Lana del Rey

Roman de portes, de chevaliers et de hérissons, Moyen-Age actuel