vendredi 1 mai 2015

Un vrai poisson breton


Pâques et son week-end de trois jours, je rends visite à mon ami Poissonou the Fish en Bretagne.

J’arrive sur le port et repère la pointe de son bonnet frétillant au gré de la houle sur sa peau tannée de marin.

Après une embrassade qui sent le plancton, nous nous promenons au fil des années et des marées, gommage de la plante des pieds au sable fin en prime. Derrière son air de vieux loup de mer, il me livre une multitude d’anecdotes dont certaines lui tirent un sourire de sacré coquin. C’est comme ça qu’on s’est toujours compris, Poissonou et moi.

En passant devant le fumoir de haddocks, Poissonou se laisse emporter par le parfum du souvenir des fumeries d’opium de Saïgon et ses années de bourlingue au large. Depuis, c’est le monde qui vient à lui, les courants ramenant dans les baies leur lot de trésors.

Mes cheveux s’accordent un brushing aux quatre vents. L’air me farde les joues. L’iode me requinque les poumons. J’écoute ce capitaine des voiles me raconter comment il grimpe de rocher en rocher, porté par les vagues, sans filet de sauvetage. La température de l’océan lui palpite les écailles, mais il tient le cap. Un poisson breton, c’est pas fait en chocolat d’eau douce.

Littéralement saoulée par l’air, je me sens sabordée par un sérieux coup de barre. Il m’entraîne manger une crêpe aux pommes caramélisées au beurre salé et flambée au lambig, le tout accompagné d’une énième bolée de cidre depuis mon arrivée.

Pour digérer, il plonge près de la roche, se laisse un peu tanguer à la surface et file saluer ses amis homards. Je le vois disparaître à travers l’écume et lui glisse un dernier clin d’œil avant de m’éloigner.

L'activité du port, où les bonnets jaunes sont essentiels
 

vendredi 27 mars 2015

Le printemps de mon humeur


Mon humeur dépend invariablement des saisons. Alors, au retour du printemps, je m’offre un beau bouquet de fleurs.

Des fleurs dont j’avais oublié le parfum tellement j’étais retranchée dans mes rêves hivernaux, mes rêves au chaud.

Des fleurs blanches pour mes adieux au manque de lumière. L’essence du dégivre des couleurs.

Des fleurs roses pour teinter mes pommettes ; Tinter, tinter, tinter les cloches qui, d’une semaine à l’autre, sonneront les beaux jours et le retour des papillons qui dansent sur un air de mandoline fraîche.

Je m’offre un bouquet de fleurs comme un trampoline pour la bonne humeur.

Papillon de printemps, trampoline pour l'été!

lundi 2 mars 2015

Le nom des pistes


Le 5ème panneau dans mon champ de vision, j’opère un dérapage contrôlé après quelques ondulations de sirène des neiges pour me planter juste devant et faire une pause dans mon échauffement quotidien.

Forêt. Promenade au milieu des sapins, la piste allait forcément être en partie verglacée par -5°C ce matin. Élémentaire mon cher Watson. Sauf que quand Watson est en vacances, Watson fonce les yeux fermés dès qu’il voit du vert. Car oui, mon échauffement est vert douceur. J’aurais juste dû me méfier d’une piste qui ne porte pas un nom d’animal. La preuve en glisse et petites frayeurs.

J’enchaîne donc sur des pistes aux noms d’animaux qui sautillent dans les prairies, mènent une vie tranquille dans la nature et se réfugient sous la couette au fond de leur tanière l’hiver venu. Lapin, lièvre, renardeau, marmotte. Des animaux inoffensifs en somme.

Le reste de la journée, j’évite soigneusement les pistes aux noms d’animaux vifs et sautillants – chamois, biche, bouc –, ma réactivité sur la neige étant limitée, celles aux noms d’animaux volatiles – aigle, coq, geai – n’ayant pas loué d’ailes pour survoler les obstacles aperçus derrière mon masque, ou pires, celles aux noms d’animaux bourrus tels le sanglier car si les amoncellements de terre arrachée par la puissance de l’animal pendant sa course annoncent les bosses, sa vitesse laisse deviner l’inclinaison de la piste.

Au moins, avec des noms d’animaux, on peut à peu près choisir les descentes selon ses envies et son état. Tranquillité, raison, challenge, dépression ou folie. Les autres noms portent à confusion. Par exemple, j’ai déjà vu une piste noire ayant pour nom « Amoureux ». Personnellement, j’appelle ça de l’amour vache.


AAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHH
J'ai pas d'amoureux d'abord
pas d'amoureux
pas d'aaaaaaaaaaaaaa....

jeudi 29 janvier 2015

Et toi, tu viens d’où, tu fais quoi ?


J’ai envie de te poser plein de questions.

J’ai envie de savoir si tu es plutôt jaune poussin ou bleu océan, tabouret en bois ou bergère de velours, verre à pied ou rez-de-chaussée.

J’ai envie de savoir si tu as lu tous les beaux livres que tu as demandés à divers Noël et soigneusement rangés  sur ton étagère.

De savoir à partir de combien de matins où le réveil sonne à 6h30, tu t’ennuies, et tu as envie de partir pour les Amériques.

De savoir si tu es plutôt geek sans lunettes, amatrice de belles lettres ou si tu rêves de t’appeler Violette.

De savoir si toi aussi, tu t’en fous de connaître le nombre de calories contenues dans le donut fourré au chocolat que tu t’apprêtes à dévorer.

De savoir si tu ne comprends pas le sens du mot « réalité », et que celle qu’on t’indique de suivre – dans ta bouche, tes seins, tes fesses, tes abdos, tes photos, tes boots, tes tics et tes tocs -, tu t’en contrecarres les pieds. Tout ça, parce que tu as les oreilles décollées et que tu captes les signaux de Mars et Neptune. Que ta vision à toi, elle est cosmique. Galaxique. Trop chic.

J’ai envie de savoir de quelle planète tu viens et quelle légende tu entretiens.

De savoir si on peut se prendre par la main. Toi, mon matin, le jaune poussin. Mon donut, les Amériques, et les geeks.

chut... je suis branchée sur les ondes lunaires...

jeudi 22 janvier 2015

Nouvelle année, nouvelle liste


Pour la nouvelle année, je promets :

- de ne plus faire les yeux doux au banquier pour qu’il m’invente un rendez-vous et me fasse doubler une file désespérante d’attente.

-   d’adopter les patins à glace. Histoire de voir comment ça peut rouler autrement que sur des roulettes.

-  dans ce dernier cas, je promets de lâcher la rambarde de la patinoire une fois sur la glace.

-       de ne plus m’essuyer les pieds sur le paillasson de la voisine.

-   de ne plus me lever 10 minutes après la sonnerie du réveil. Sauf si j’ai du mal à me lever.

-  de ne plus penser que les réseaux sociaux suffisent à ma sociabilité hivernale.

-    de ne plus penser que l’été, c’est apéro tous les soirs. C’est triste pour l’hiver.

-   de ne plus dépenser autant dans les cadeaux de Noël pour les autres que pour moi.

-   de ne plus dire que je fais du sport alors que ça fait 4 mois qu’il fait trop froid pour en faire.

-   de ne plus faire périr les bouquets de fleurs qu’on m’offre en leur faisant subir une lente traversée du désert en apnée.

-   d’être polie, serviable, aimable. De temps en temps. Parce que bon, je vais quand même pas manger des carottes tous les jours.

La patinoire des carottes ou comment commencer l'année du bon pied

mercredi 14 janvier 2015

Liberté Charlie

Quand un chemin est trop tracé, c'est l'autre que je prends.
Parce ce que, liberté, c'est à tes côtés que je veux marcher.
J'ai grandi avec toi et je ne te lâcherai pas comme ça.
C'est toi la bonne étoile qui guide mes mots, qui guide mes pinceaux.

Liberté, tu es bien trop belle et bien trop grande pour qu'on te piétine. Tout du moins qu'on essaye de le faire. Voire qu’on pense à essayer de le faire.

Tu joues avec l'égalité. Avec la fraternité.
Tu joues dans un monde de tolérance.
Parce que tu n'es pas qu'un mot.
Parce que l'égalité et la fraternité non plus.
Parce qu’un monde de tolérance n'est pas une utopie.

C'est notre chance de vous avoir.
C’est notre devoir de vous chérir.

C'est grâce à vous, principes démocratiques, et pour vous que l'on respire. Que l'on écrit. Que l’on dessine. Que l'on rit.

Liberté
Liberté d'expression
Liberté de la presse
Je suis Charlie

S. Z. 


#jesuischarlie #liberté

mardi 23 décembre 2014

La sérénité de Noël


Noël. J-2.

Vidée comme une boule scintillante suspendue à sa branche, je m’extirpe tant bien que mal du dernier magasin avant sa fermeture.

Car oui, je le tiens !

Je le tiens, le dernier cadeau qui m’a valu des heures de réflexion à vider ma réserve de chocolats.

Je le tiens, le dernier cadeau qui m’a fait traverser tout un Paris bondé de doudounes bulldozers chargées comme des mules et polies comme des putois.

Je le tiens, le dernier cadeau que je vais pouvoir insérer dans ma hotte, la cerise sur son gâteau.

Et cela, plus de 24h avant de l’offrir.
Je peux te dire que je vais le bichonner, son emballage cadeau…

Noël, ses boules, ses flocons, ses... mais il s'est caché où le vrai Père Noël??!
Keep calm and drink champagne